Chapitre I : La dure réalité de la vie :
La lame passa à deux centimètres de sa gorge dans un arc de cercle scintillant. Nastu suait à grosse goutte : cet homme, qui lui faisait face, était bien trop gros pour elle. Il était armé, elle non. Il avait la sortie derrière lui et donc une capacité de mouvement accrue, elle non. Le dos collé contre le mur qui faisait de cette ruelle un coupe-gorge, la jeune fille n'évitait les coups de couteau de l'ivrogne qu'à grande peine. Son corps était maculé d'estafilades, elles n'étaient ni graves ni profondes, mais suffisamment nombreuses pour gêner la fillette. Pestant contre son incompétence, elle s'était laissée surprise par l'homme et n'arrivait pas à prendre le dessus sur lui.- On fait moins la fière maintenant gamine, ricana l'homme en rapprochant son visage de celui de Nastu, dont la bouche exhalait une odeur de pourriture. Mais je suis prête à te pardonner, tu sais, je ne suis pas méchant. Si tu passes la nuit avec moi je passerai l'éponge.
Nastu fut prise de nausée à cette perspective, un sourire malsain était accroché au visage de l'ivrogne. Il fallait agir et vite ! Elle qui arrivait maintenant à tenir tête à son maître pourquoi se laissait-elle impressionner par un type aussi méprisable ?
Dans sa tête bouillonnait une multitude de solutions, mais le sens de ses pensées lui échappait, comme si une nappe de brume paralysait tous ses sens. Une vague de désespoir déferla en elle, finissant de l'ébranler. Il n'y avait donc aucune échappatoire ?
- Allons, allons Nastu ! Tu me déçois, tu te crispes trop, détends toi et tu comprendras la multitude d'erreurs que tu as commise.
La phrase claqua dans l'air, ayant pour la jeune fille, le même effet qu'une douche froide. Stupide, elle était définitivement et officiellement, stupide.
-T'es qui toi ? aboya l'ivre, tu n'as pas intérêt à t'interposer ! Sinon...
-Ne vous en faîtes pas cher monsieur ce n'est point mon intention.
Soulagé, l'homme reporta son attention sur sa proie. Grosse erreur que de l'avoir perdue de vue : Nastu envoya son poing dans la figure de l'homme et un craquement sonore retentit. Un filet de sang perlait à la commissure de ses lèvres. Une douleur insoutenable ne cessait de croître à l'endroit où la jeune fille l'avait frappé, sa vision se troubla, ses jambes ne le portaient plus comme il le souhaitait. Il titubait. Nastu sourit, d'un mouvement souple elle se plaça derrière lui et attrapa fermement son poignet avant de le tirer vers le bas. Nouveau craquement, nouveau supplice, son poignet le lançait, cette insupportable douleur ne cessait de grandir. Il voulait crier sa fureur, sa douleur, sa haine envers cette gamine, l'envie meurtrière qui lui tenaillait les tripes dans une avidité meurtrière, à l'égal de la souffrance qui irradiait de son corps. Et puis il y avait ce sentiment d'impuissante implacable, réelle, écrasante. Un rugissement monta dans sa gorge, pourtant aucun son ne sortit de sa bouche. Il s'étala au sol, écumant de rage et de douleur. Cette gamine lui avait fauché les jambes, son équilibre déjà précaire s'était brisé et irrémédiablement il avait percuté le sol. Dur et froid. A l'image de sa défaite.
-Tu ne l'as pas loupé... tu n'aurais pas dû être aussi dure, jeune fille.
-Trop dure !? Pardon !? Ce pervers ne méritait pas un autre traitement et puis regardes les coupures qu'il... Elle se tut, le regard glacial d'Axen ne laissait aucun doute quant à son mécontentement.
-C'est de ta faute si tu es blessée, uniquement de ta faute, il a fallu que cet homme soit distrait par mes conseils pour que tu agisses enfin ! Si cela ne s'était pas produit tu serais tombée dans son piège comme une débutante. Crois-tu réellement que je sois satisfait ? Tu n'arriveras à rien si tu continues comme ça, je croyais que tu ne voulais pas dépendre d'autrui.
-Je...c'est vrai... je... suis désolé, je me suis laissé impressionner et ...j'ai perdu tous mes moyens.
Une main vint ébouriffer ses cheveux bouclés et le regard d'Axen s'adoucit. Elle savait se battre, bien mieux que beaucoup d'adultes, cependant elle n'avait pas l'habitude de combattre contre des personnes autres que son maître, là était toute la différence. L'animosité qu'elle avait senti chez cet homme, les pensées malsaines qui émanaient de lui l'avaient tétanisée. La jeune fille savait que les hommes n'étaient pas des êtres connus pour leur douceur et leur gentillesse, mais les années qu'elle avait passées loin de tout à s'entraîner avec son maître lui avait fait oublier la folie humaine.
-Saches jeune fille, qu'il te fallait au moins ça pour te faire redescendre de ton petit nuage et te faire comprendre le chemin que tu as encore à parcourir. Ces derniers temps tu devenais un peu trop sur de toi et paresseuse à mon goût, il a bien fallu te faire réagir.
La jeune fille ne pipa mot, il aurait été inutile de le contredire. Axen avait toujours le dernier mot et se lançait dans un débat philosophique pour savoir où se situait le vrai du faux dans ce qu'il venait de dire et l'aurait de toute manière menait à rien. Il avait toujours raison, même lorsqu'il avait tort.
-J'espère que tu n'es pas fatiguée, car la nuit et loin d'être terminée. Tu te rappelles où se situe la demeure de Hialsk, celui qui était accompagné par les gardes dont tu devais subtiliser les lances sans qu'ils ne s'en rendent compte.
Nastu hocha la tête, il reprit donc.
-Très bien, je t'attendrais dans la cave de cette somptueuse villa, la rumeur courre qu'il aurait d'excellent breuvage.
Sans bruit aucun, Axen s'éclipsa du champ de vision de son élève. L'adolescente ne prit pas la peine de se retourner elle savait qu'elle ne l'aurait pas aperçut, il était déjà loin. Nastu s'approcha du mur qui fermait tout passage de ce côté-ci de la ruelle, sa main caressa un instant la roche avant de se hisser jusqu'au sommet du muret. Dès lors elle commença son ascension pour atteindre le toit de la bâtisse collant le mur. Personne ne remarqua cette petite silhouette qui se mouvait dans les ténèbres, trop occupé, le nez dans leur argent, leurs yeux fixés sur leur marchandise. La ville était grande et riche en commerçant, les maisons n'étaient pas très espacées les unes des autres. Facilitant ainsi le passage pour les rares personnes employant les chemins qu'offraient les toits.
Nastu avançait vite, sans réelle difficulté. Elle s'attarda un instant avant de quitter les rues commerçantes de la ville. Observait tous ces gens qui menaient leur vie, l'amusait assez. Lorsqu'un magasin fermait un autre ouvrait, trouvant à chaque fois son lot de client. Les gens se bousculaient, aucun ne faisait attention à son voisin, certain marchand beuglait pour attirer l'attention de potentiel acheteur. D'autres susurrer des phrases flatteuses, le ton mielleux, l'échine courber, tentant d'escroquer du mieux qu'ils le pouvaient les voyageurs crédules.
Sans même qu'elle ne s'en rende compte Nastu s'était mise à fredonner une mélodie, douce et entraînante à la fois. Un des rares souvenirs qui lui restait de la seule personne qui avait composé sa famille. Cela faisait un mois qu'elle avait réintégré la civilisation et plus le temps passait plus elle se rendait compte de tout ce qu'elle devait à Axen. Ce dernier devait d'ailleurs déjà l'attendre, trop le faire patienter équivaudrait à une séance d'entraînement supplémentaire. Chose dont elle se passerait aisément. Se levant de son perchoir elle continua sa route.
Elle parvint assez vite devant la dite villa, l'endroit était éclairé par des sphères lumineuses flottant dans les aires contre les remparts entourant la demeure. Une multitude de garde, accompagné ou non d'énorme molosse sillonnait les environs. La différence de sécurité établie entre le quartier résidentiel et les autres secteurs était toujours amusante à constater. Cependant, la surveillance de cet endroit équivalait au moins à la protection donnée près des habitats secondaires de grands gouverneurs. Hialsk était à l'origine un bourgeois, qui en un temps records avait amassé une fortune impressionnante.
Ambassadeur du royaume Telkan, il s'était installé dans une des villes les plus riches d'Ohyenne, royaume voisin de son état d'origine.
Des rumeurs couraient sur cet endroit comme quoi, d'horribles hurlements se faisaient entendre la nuit, que la maison était hantée, ou encore que les sous sols de la villa grouillaient de monstre abject. Un petit rire échappa de la bouche de l'adolescente, tous ces racontars était plus que risible, la population admettait sans mal l'imaginaire, mais se refusait d'accepter la vérité.
Dans l'ombre elle sauta de son perchoir et se réceptionna souplement, elle ne pouvait pas passer par les toits à moins d'avoir des ailes. Vu l'état dans lequel se trouvait ses habits, se faire passé pour une résidente du quartier n'aurait leurré personne. Nastu contourna la maison, l'arrière était moins éclairé. Une véritable aubaine.
Ombre parmi les ombres, elle se déplaçait dans un silence absolu, n'effleurant les patrouilleurs que de quelque centimètre. Personne ne la vis. Arrivé devant le mur, la jeune fille palpa la pierre. Satisfaite de la simplicité des prises qui se présentait à elle, Nastu se mit à l'escalader. Une fois dans le jardin trouvé la trappe qui reliait l'extérieur de la cave fût choses aisée.
- Tu en as mis du temps, un peu plus et je m'endormais. Tu sais que le rêve est une source d'inspiration inépuisable, l'imagination est une chose fantastique.
- Il l'est moins pour la personne qui doit subir le fruit de cette imagination.
- C'est une façon de voir les choses, admit-il.
La pièce était fraîche, rectangulaire, dans laquelle s'entassait divers tonneaux et bouteille contre des murs mangés par de la mousse.
Une porte s'ouvrit, inondant la pièce d'une lueur blanche, deux hommes entrèrent dans la pièce. Axen mit un doigt sur ses lèvres, un sourire satisfait étirant ces dernières. Il se fondit dans le décor, devenant invisible aux yeux des deux hommes, Nastu fit de même. Les deux hommes étaient habillés d'une blouse en coton blanche et parlaient à voix basse. Ils s'arrêtèrent devant le seul mur, nu de toute cargaison, l'un d'eux palpa un instant la pierre, on aurait dit qu'il flattait l'échine d'un quelconque animal. Réagissant à un ordre muet, le mur s'ébranla, vibra et dans un bruit étouffé il s'affaissa, laissant la voie libre sur un chemin pavé jusqu'alors inaccessible.
Une main se posa sur l'épaule de Nastu qui, hypnotisée par le spectacle qui venait de se jouer devant elle, n'avait pas remarqué la présence de son maître. Dans un murmure il lui intima de le suivre. Ce qu'elle fît.
- Tu crois que celui-ci va survivre ?
- Je n'en sais trop rien, les autres avant lui n'ont pas dépassé ce stade d'éveil, mais il est relativement instable.
- Je me demande quand même ce qu'attends monseigneur Hialsk de toutes ces expériences.
- Tu ne devrais pas, d'autre sont morts en posant bien moins de questions, contente-toi juste de faire ce qu'on te demande. Son interlocuteur déglutit tandis qu'il reprit de sa voix morne. Nous devons déjà nous estimer heureux de pouvoir mener ces expériences, en tant que scientifique c'est une chance inespéré.
- Ce...c'est vrai, mais ça donne la chair de poule quand même.
Son voisin haussa les épaules dans un signe d'indifférence totale, tandis qu'ils atteignaient une salle aux dimensions impressionnantes. Nastu et Axen suivaient toujours les deux scientifiques, sans que ceux-ci ne s'aperçoivent de leurs présences. Tandis qu'ils continuaient leur chemin, les deux intrus demeurèrent un moment dans l'ombre du couloir. La pièce était éclairée par une lumière bleutée, tamisé. Des étagères encombré de divers objets, lame affûté comme des rasoirs et ayant la taille d'un ongle, des bocaux remplie d'un liquides dans lequel flottait des animaux ou organes, formait un labyrinthe de couloir. A part les deux hommes qui les avaient conduits ici il ne semblait n'y avoir personne d'autre. Axen s'engagea alors dans le bâtiment, suivi de près par Nastu, qui ne put réprimer des grimaces de dégoût en voyant les silhouettes cadavériques enfermé dans les bocaux.
- Axen ? Pourquoi on est ici ? Chuchota Nastu perplexe, la venue de ces deux hommes et le passage qu'il avait ouvert n'était pas le fruit du hasard, en tout cas pas dans le cadre d'une nuit d'entraînement.
- Je voudrais te montrer quelque chose pour achever la leçon d'aujourd'hui.
La jeune fille ne put s'empêcher de faire la moue, tout ceci n'envisageait rien de bon. Cet endroit était lugubre, l'odeur ne lui plaisait pas et son instinct lui disait que la dite leçon ne lui plairait pas. Elle se massa les bras pour se rassurer, ses doigts couraient le long des plais encore ouverte. Elle ne lui faisait pas vraiment mal, ces coupure la rassurait même, dans cette pièce qui lui semblait irréelle, ses blessures elles étaient vraies.
Nastu fut prise de nausée à cette perspective, un sourire malsain était accroché au visage de l'ivrogne. Il fallait agir et vite ! Elle qui arrivait maintenant à tenir tête à son maître pourquoi se laissait-elle impressionner par un type aussi méprisable ?
Dans sa tête bouillonnait une multitude de solutions, mais le sens de ses pensées lui échappait, comme si une nappe de brume paralysait tous ses sens. Une vague de désespoir déferla en elle, finissant de l'ébranler. Il n'y avait donc aucune échappatoire ?
- Allons, allons Nastu ! Tu me déçois, tu te crispes trop, détends toi et tu comprendras la multitude d'erreurs que tu as commise.
La phrase claqua dans l'air, ayant pour la jeune fille, le même effet qu'une douche froide. Stupide, elle était définitivement et officiellement, stupide.
-T'es qui toi ? aboya l'ivre, tu n'as pas intérêt à t'interposer ! Sinon...
-Ne vous en faîtes pas cher monsieur ce n'est point mon intention.
Soulagé, l'homme reporta son attention sur sa proie. Grosse erreur que de l'avoir perdue de vue : Nastu envoya son poing dans la figure de l'homme et un craquement sonore retentit. Un filet de sang perlait à la commissure de ses lèvres. Une douleur insoutenable ne cessait de croître à l'endroit où la jeune fille l'avait frappé, sa vision se troubla, ses jambes ne le portaient plus comme il le souhaitait. Il titubait. Nastu sourit, d'un mouvement souple elle se plaça derrière lui et attrapa fermement son poignet avant de le tirer vers le bas. Nouveau craquement, nouveau supplice, son poignet le lançait, cette insupportable douleur ne cessait de grandir. Il voulait crier sa fureur, sa douleur, sa haine envers cette gamine, l'envie meurtrière qui lui tenaillait les tripes dans une avidité meurtrière, à l'égal de la souffrance qui irradiait de son corps. Et puis il y avait ce sentiment d'impuissante implacable, réelle, écrasante. Un rugissement monta dans sa gorge, pourtant aucun son ne sortit de sa bouche. Il s'étala au sol, écumant de rage et de douleur. Cette gamine lui avait fauché les jambes, son équilibre déjà précaire s'était brisé et irrémédiablement il avait percuté le sol. Dur et froid. A l'image de sa défaite.
-Tu ne l'as pas loupé... tu n'aurais pas dû être aussi dure, jeune fille.
-Trop dure !? Pardon !? Ce pervers ne méritait pas un autre traitement et puis regardes les coupures qu'il... Elle se tut, le regard glacial d'Axen ne laissait aucun doute quant à son mécontentement.
-C'est de ta faute si tu es blessée, uniquement de ta faute, il a fallu que cet homme soit distrait par mes conseils pour que tu agisses enfin ! Si cela ne s'était pas produit tu serais tombée dans son piège comme une débutante. Crois-tu réellement que je sois satisfait ? Tu n'arriveras à rien si tu continues comme ça, je croyais que tu ne voulais pas dépendre d'autrui.
-Je...c'est vrai... je... suis désolé, je me suis laissé impressionner et ...j'ai perdu tous mes moyens.
Une main vint ébouriffer ses cheveux bouclés et le regard d'Axen s'adoucit. Elle savait se battre, bien mieux que beaucoup d'adultes, cependant elle n'avait pas l'habitude de combattre contre des personnes autres que son maître, là était toute la différence. L'animosité qu'elle avait senti chez cet homme, les pensées malsaines qui émanaient de lui l'avaient tétanisée. La jeune fille savait que les hommes n'étaient pas des êtres connus pour leur douceur et leur gentillesse, mais les années qu'elle avait passées loin de tout à s'entraîner avec son maître lui avait fait oublier la folie humaine.
-Saches jeune fille, qu'il te fallait au moins ça pour te faire redescendre de ton petit nuage et te faire comprendre le chemin que tu as encore à parcourir. Ces derniers temps tu devenais un peu trop sur de toi et paresseuse à mon goût, il a bien fallu te faire réagir.
La jeune fille ne pipa mot, il aurait été inutile de le contredire. Axen avait toujours le dernier mot et se lançait dans un débat philosophique pour savoir où se situait le vrai du faux dans ce qu'il venait de dire et l'aurait de toute manière menait à rien. Il avait toujours raison, même lorsqu'il avait tort.
-J'espère que tu n'es pas fatiguée, car la nuit et loin d'être terminée. Tu te rappelles où se situe la demeure de Hialsk, celui qui était accompagné par les gardes dont tu devais subtiliser les lances sans qu'ils ne s'en rendent compte.
Nastu hocha la tête, il reprit donc.
-Très bien, je t'attendrais dans la cave de cette somptueuse villa, la rumeur courre qu'il aurait d'excellent breuvage.
Sans bruit aucun, Axen s'éclipsa du champ de vision de son élève. L'adolescente ne prit pas la peine de se retourner elle savait qu'elle ne l'aurait pas aperçut, il était déjà loin. Nastu s'approcha du mur qui fermait tout passage de ce côté-ci de la ruelle, sa main caressa un instant la roche avant de se hisser jusqu'au sommet du muret. Dès lors elle commença son ascension pour atteindre le toit de la bâtisse collant le mur. Personne ne remarqua cette petite silhouette qui se mouvait dans les ténèbres, trop occupé, le nez dans leur argent, leurs yeux fixés sur leur marchandise. La ville était grande et riche en commerçant, les maisons n'étaient pas très espacées les unes des autres. Facilitant ainsi le passage pour les rares personnes employant les chemins qu'offraient les toits.
Nastu avançait vite, sans réelle difficulté. Elle s'attarda un instant avant de quitter les rues commerçantes de la ville. Observait tous ces gens qui menaient leur vie, l'amusait assez. Lorsqu'un magasin fermait un autre ouvrait, trouvant à chaque fois son lot de client. Les gens se bousculaient, aucun ne faisait attention à son voisin, certain marchand beuglait pour attirer l'attention de potentiel acheteur. D'autres susurrer des phrases flatteuses, le ton mielleux, l'échine courber, tentant d'escroquer du mieux qu'ils le pouvaient les voyageurs crédules.
Sans même qu'elle ne s'en rende compte Nastu s'était mise à fredonner une mélodie, douce et entraînante à la fois. Un des rares souvenirs qui lui restait de la seule personne qui avait composé sa famille. Cela faisait un mois qu'elle avait réintégré la civilisation et plus le temps passait plus elle se rendait compte de tout ce qu'elle devait à Axen. Ce dernier devait d'ailleurs déjà l'attendre, trop le faire patienter équivaudrait à une séance d'entraînement supplémentaire. Chose dont elle se passerait aisément. Se levant de son perchoir elle continua sa route.
Elle parvint assez vite devant la dite villa, l'endroit était éclairé par des sphères lumineuses flottant dans les aires contre les remparts entourant la demeure. Une multitude de garde, accompagné ou non d'énorme molosse sillonnait les environs. La différence de sécurité établie entre le quartier résidentiel et les autres secteurs était toujours amusante à constater. Cependant, la surveillance de cet endroit équivalait au moins à la protection donnée près des habitats secondaires de grands gouverneurs. Hialsk était à l'origine un bourgeois, qui en un temps records avait amassé une fortune impressionnante.
Ambassadeur du royaume Telkan, il s'était installé dans une des villes les plus riches d'Ohyenne, royaume voisin de son état d'origine.
Des rumeurs couraient sur cet endroit comme quoi, d'horribles hurlements se faisaient entendre la nuit, que la maison était hantée, ou encore que les sous sols de la villa grouillaient de monstre abject. Un petit rire échappa de la bouche de l'adolescente, tous ces racontars était plus que risible, la population admettait sans mal l'imaginaire, mais se refusait d'accepter la vérité.
Dans l'ombre elle sauta de son perchoir et se réceptionna souplement, elle ne pouvait pas passer par les toits à moins d'avoir des ailes. Vu l'état dans lequel se trouvait ses habits, se faire passé pour une résidente du quartier n'aurait leurré personne. Nastu contourna la maison, l'arrière était moins éclairé. Une véritable aubaine.
Ombre parmi les ombres, elle se déplaçait dans un silence absolu, n'effleurant les patrouilleurs que de quelque centimètre. Personne ne la vis. Arrivé devant le mur, la jeune fille palpa la pierre. Satisfaite de la simplicité des prises qui se présentait à elle, Nastu se mit à l'escalader. Une fois dans le jardin trouvé la trappe qui reliait l'extérieur de la cave fût choses aisée.
- Tu en as mis du temps, un peu plus et je m'endormais. Tu sais que le rêve est une source d'inspiration inépuisable, l'imagination est une chose fantastique.
- Il l'est moins pour la personne qui doit subir le fruit de cette imagination.
- C'est une façon de voir les choses, admit-il.
La pièce était fraîche, rectangulaire, dans laquelle s'entassait divers tonneaux et bouteille contre des murs mangés par de la mousse.
Une porte s'ouvrit, inondant la pièce d'une lueur blanche, deux hommes entrèrent dans la pièce. Axen mit un doigt sur ses lèvres, un sourire satisfait étirant ces dernières. Il se fondit dans le décor, devenant invisible aux yeux des deux hommes, Nastu fit de même. Les deux hommes étaient habillés d'une blouse en coton blanche et parlaient à voix basse. Ils s'arrêtèrent devant le seul mur, nu de toute cargaison, l'un d'eux palpa un instant la pierre, on aurait dit qu'il flattait l'échine d'un quelconque animal. Réagissant à un ordre muet, le mur s'ébranla, vibra et dans un bruit étouffé il s'affaissa, laissant la voie libre sur un chemin pavé jusqu'alors inaccessible.
Une main se posa sur l'épaule de Nastu qui, hypnotisée par le spectacle qui venait de se jouer devant elle, n'avait pas remarqué la présence de son maître. Dans un murmure il lui intima de le suivre. Ce qu'elle fît.
- Tu crois que celui-ci va survivre ?
- Je n'en sais trop rien, les autres avant lui n'ont pas dépassé ce stade d'éveil, mais il est relativement instable.
- Je me demande quand même ce qu'attends monseigneur Hialsk de toutes ces expériences.
- Tu ne devrais pas, d'autre sont morts en posant bien moins de questions, contente-toi juste de faire ce qu'on te demande. Son interlocuteur déglutit tandis qu'il reprit de sa voix morne. Nous devons déjà nous estimer heureux de pouvoir mener ces expériences, en tant que scientifique c'est une chance inespéré.
- Ce...c'est vrai, mais ça donne la chair de poule quand même.
Son voisin haussa les épaules dans un signe d'indifférence totale, tandis qu'ils atteignaient une salle aux dimensions impressionnantes. Nastu et Axen suivaient toujours les deux scientifiques, sans que ceux-ci ne s'aperçoivent de leurs présences. Tandis qu'ils continuaient leur chemin, les deux intrus demeurèrent un moment dans l'ombre du couloir. La pièce était éclairée par une lumière bleutée, tamisé. Des étagères encombré de divers objets, lame affûté comme des rasoirs et ayant la taille d'un ongle, des bocaux remplie d'un liquides dans lequel flottait des animaux ou organes, formait un labyrinthe de couloir. A part les deux hommes qui les avaient conduits ici il ne semblait n'y avoir personne d'autre. Axen s'engagea alors dans le bâtiment, suivi de près par Nastu, qui ne put réprimer des grimaces de dégoût en voyant les silhouettes cadavériques enfermé dans les bocaux.
- Axen ? Pourquoi on est ici ? Chuchota Nastu perplexe, la venue de ces deux hommes et le passage qu'il avait ouvert n'était pas le fruit du hasard, en tout cas pas dans le cadre d'une nuit d'entraînement.
- Je voudrais te montrer quelque chose pour achever la leçon d'aujourd'hui.
La jeune fille ne put s'empêcher de faire la moue, tout ceci n'envisageait rien de bon. Cet endroit était lugubre, l'odeur ne lui plaisait pas et son instinct lui disait que la dite leçon ne lui plairait pas. Elle se massa les bras pour se rassurer, ses doigts couraient le long des plais encore ouverte. Elle ne lui faisait pas vraiment mal, ces coupure la rassurait même, dans cette pièce qui lui semblait irréelle, ses blessures elles étaient vraies.
- Ecrit par Nastu -



